Chez l’un de vos proches ou l’une de vos connaissances, le bazar a vraiment pris le dessus. Que comprendre de ce désordre ambiant ? Comment réagir ? Quelle(s) aide(s) pouvez-vous apporter ? Voici quelques pistes de réflexions, pour peut-être, soulever un coin du voile et y voir plus clair sur l’anarchie qui règne au sein du foyer de cette personne.
Un vrai capharnaüm…
Vous constatez qu’une personne que vous connaissez vit dans une maison ou un appartement particulièrement désordonné. Encombré. Surchargé. Les couloirs ne sont plus que des lieux de stockages de cartons empilés. Sur les lits des chambres sont empilées des montagnes de vêtements en vrac. Le salon est devenu un champs de bataille de revues empilées, bibelots poussiéreux en tout genre, bouteilles, jeux, vaisselle, boites de vis, papiers administratifs… Un capharnaüm sans nom, où les pièces « de vie » sont devenues des pièces étouffantes, invivables, où les portes et fenêtres ne peuvent parfois plus s’ouvrir faute de place, où l’on ne peut plus circuler librement. Un espace où l’on ne sait plus où poser son regard, tant il y a d’objets partout, et qui finit par donner le tournis.
Tenter de raisonner, est-ce vraiment une bonne idée ?
Face à tout ce bric-à-brac, vous avez bien tenté de raisonner votre proche, mais vous avez fini par comprendre qu’il ne veut rien entendre. En réalité, il ne peut pas entendre ce que vous lui dites, comprendre que la réalité qui l’entoure n’est pas la vôtre. Pour lui, le bazar n’existe pas, il ne le voit pas. Pire, vos incursions ont peut-être eu tendance à le braquer, à le renfermer et à l’isoler encore davantage dans son monde et son mode de fonctionnement. Alors, de guerre lasse, vous ne dites plus rien, vous avez jeté l’éponge. Vous vous sentez trop découragé pour porter secours, et ne savez pas comment vous y prendre.
» L’esprit humain a un système de défense primitif pour oblitérer des faits trop stressants que le cerveau ne saurait gérer. Cela s’appelle le déni. «
Dan Brown, Inferno (2013)
Le déni, un mécanisme de défense très puissant
Ce proche n’est pas en capacité de voir la réalité en face, car il se trouve dans le déni. Un déni de réalité, celui d’une maison désordonnée, noyée sous les objets du quotidien. En lui, finalement, il a noyé son chagrin, ses peurs, ses angoisses, ses émotions trop dures à gérer, sous une montagne d’objets. Quelque part, cela l’apaise, calme ses angoisses. Se séparer, ne serait-ce que d’un objet, est pour lui une véritable souffrance.
Parfois, pour faire face à un événement marquant de notre vie, une épreuve inacceptable, intolérable, ou pour faire face à des émotions trop douloureuses, notre cerveau se met en mode « protection ». Ce mécanisme de défense est simple et très puissant : le problème n’existe pas, il n’y a donc pas de problème à gérer, pas de souffrance à laquelle devoir faire face. C’est un processus d’évitement, de fuite.

Pas de solution miracle pour faire sortir la personne de son déni
Alors, comment tirer votre proche de cette impasse ? Comment l’amener, doucement mais sûrement, à sortir de sa torpeur, de ses habitudes de tout garder, et de tout laisser traîner partout ? Il n’existe pas de formule magique, hélas, mais quelques conseils pourront peut-être aider.
- En premier lieu, rester à l’écoute et être respectueux de la personne, dans l’empathie, en essayant de comprendre sans juger.
- Ensuite, ne pas le brusquer, éviter de le braquer. Eviter de contraindre moralement la personne dans le déni.
- L’amener à sortir très lentement de sa zone de confort. La « méthode des petits pas » peut aider à faire conscientiser votre proche de son problème d’accumulation.
- Le faire réfléchir sur lui-même, en essayant de lui faire prendre du recul. Globalement, devenir son propre observateur, celui de son fonctionnement ou de ses habitudes, constitue un puissant moyen de grandir.
- Lui faire soulever avec douceur et indulgence le coin du voile de ses propres ressentis. Lui faire toucher du doigt qu’il n’y a pas que les objets qui encombrent, mais certaines émotions jusqu’à présent considérées comme intolérables.
- Et puis, laisser infuser, laisser du temps au temps, ne rien précipiter.
Après le déni, la minimisation, mais aussi la honte et la culpabilité
Après le déni, lorsque votre proche prend conscience de son problème, ce sont d’autres ressentis qui peuvent apparaître. Il va dans un premier temps continuer de nier partiellement les faits, les minimiser. Se trouver des excuses, rechercher des explications. Et surtout, à mesure de sa prise conscience, la honte et la culpabilité risquent d’apparaître. Elles sont en partie liées au fait de devoir se faire aider. Elles sonnent alors comme un aveu de faiblesse, de vulnérabilité. Il y a la honte liée au regard de l’autre, au regard extérieur et la peur d’être jugé (« que va t’on penser de tout ce bazar? »). Et celle, enfin, de dévoiler ses émotions, ou d’en perdre le contrôle dans un fonctionnement habituellement sous contrôle. Devoir se faire aider, c’est aussi se culpabiliser de ne pas avoir su régler son problème seul(e). Accepter de ne pas rester seul face à son problème, de parler à quelqu’un, de se confier.
Lui proposer de faire appel à un home organiser !
A de nombreux moments de notre vie, nous avons besoin d’être accompagnés. Un médecin traitant gère nos états physiques et mentaux ; un thérapeute peut nous aiguiller lorsque l’on se sent mal ou démuni face à certains événements, que l’on a des comportements inappropriés ou des difficultés personnelles ; une aide ménagère nous vient en aide quand parfois, on prend de l’âge et que l’on ne peut plus tout faire soi-même.
Car oui, il existe bien des gens patients et bienveillants dont le métier est d’aider! Du moins, une fois passé le déni de réalité, car avant cela, votre proche ne sera certainement pas capable d’exprimer son besoin d’accompagnement, car il n’a pas conscience de son problème.
Ensuite, tout est question de patience, de confiance en soi retrouvée, d’évolution en conscience, sans jugement, en restant bienveillant avec soi-même.
Alors, si vous avez dans votre entourage des personnes dont le logement est un véritable capharnaüm, proposez-lui de faire appel à un home organiser, ou tout autre professionnel qui sera en mesure de l’aider et de lui redonner confiance en la vie, car chaque épreuve à laquelle nous faisons face peut être surmontée ! Notre vie évolue, change. Rien n’est jamais figé, et tout un chacun a le pouvoir de progresser et de faire évoluer les choses en soi et autour de soi !
Pour toute question ou remarque, pour échanger sur le sujet, vous pouvez me contacter ici !
En attendant mon prochain article, prenez soin de vous et des vôtres !
Stéphanie pour Au bonheur du tri

